L’Etat de l’environnement naturel
L’Observatoire de l’environnement naturel avait déjà attiré l’attention sur la situation dramatique de la biodiversité au Luxembourg en 2021. En effet, ce rapport publié dans le cadre des réglementations européennes en matière de protection de la nature a révélé que deux tiers des habitats naturels du Grand-Duché sont dans un état de conservation « insuffisant » ou « mauvais ». Seul un tiers d’entre eux peuvent encore être considérés comme « favorables ». Les habitats de prairies et les habitats humides sont presque sans exception en mauvais état.
État de conservation des habitats par écosystèmes
Dégradation de l'état écologique des masses d'eau de surface en 2021
La qualité de l’eau est également préoccupante, notamment en raison des apports de nitrates et de pesticides. La dégradation progressive de l’état écologique des masses d’eau de surface est telle qu’aucune d’entre elles n’atteint un très bon état écologique, et même la proportion de masses d’eau en bon état est passée à zéro en 2021. La part des masses d’eau en mauvais état a quant à elle augmentée à 38,7%.
Espèces menacées de disparition au Luxembourg
La biodiversité des paysages agricoles est en très mauvais état. Les oiseaux des champs autrefois courants (par exemple la chouette chevêche et la perdrix grise) sont gravement menacés ou, comme le tarier des prés, ont complètement disparu en tant qu’oiseaux nicheurs. Les conséquences de la perte dramatique d’insectes pour les écosystèmes ne sont pas encore prévisibles.
Au Luxembourg, 33% des reptiles, 29% des amphibiens, 28% des poissons, 35% des plantes vasculaires, 30% des oiseaux et 15% des invertébrés sont menacés de disparition du territoire.
Des recommandations claires pour enrayer cette évolution
Les recommandations de l’Observatoire de l’environnement naturel sont claires et sans équivoque : dans le milieu agricole en particulier, des mesures efficaces doivent être prises rapidement afin d’inverser la tendance en matière de biodiversité. En effet, les modes de production agricole actuels restent de loin les premiers responsables de la dégradation croissante, suivis par l’étalement urbain et la fragmentation du paysage.
Ces trois domaines représentent une grande partie des facteurs qui exercent une pression sur l’environnement naturel. Le changement climatique, en revanche, a encore relativement peu d’impact aujourd’hui. Son importance augmente toutefois d’année en année et renforce les effets négatifs d’autres facteurs.